Organothérapie

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L’organothérapie fait partie de l’opothérapie qui est une branche de la médecine qui propose des extraits d’organes et de tissus animaux à des fins thérapeutiques. Particulièrement, l’organothérapie se sert des extraits de diverses glandes endocrines. Dans l’organisme humain, ces glandes produisent des hormones qui participent à bien des fonctions métaboliques. Dans la pratique de l’organothérapie, les extraits glandulaires du thymus et des glandes surrénales d’animaux d’élevage, tels que des bovins, des moutons ou des porcs. Ces extraits permettraient de combler les défaillances du système immunitaire. On pense qu’ils auraient en outre des capacités  rajeunissantes. Seulement cette hypothèse n’est pas confirmée scientifiquement.

Organothérapie

Une origine étonnante

Au XIXe siècle, l’opothérapie connaît une certaine vogue. En juin 1889, le physiologiste Adolphe Brown-Séquard annonce qu’il s’est injecté sous la peau un extrait aqueux de testicules broyés de chien et de cochon d’Inde. Il affirme que ces injections lui ont rendu ses forces physiques et ses capacités, que l’âge avait atténuées. Ainsi a débuté la recherche en organothérapie. On pensait alors que les diverses hormones – responsables de la croissance ou de l’immunité – que renfermaient ces préparations étaient porteuses du code génétique et avaient le pouvoir de reprogrammer les cellules, et ainsi de stimuler la guérison.

A son début, l’opothérapie consistait en la consommation de glandes fraîches hachées et réduites en poudre. La stabilité de telles préparations était incertaine, et les patients appréciaient difficilement leur goût et  leur texture. Mais au début du XXe siècle, des extraits de glandes plus stables et mieux acceptés des utilisateurs ont été élaborés.

Cependant, les extraits modernes de glandes endocrines ne renferment plus d’hormones parce que les procédés d’extraction utilisés éliminent toutes les substances solubles dans l’huile, dont les hormones. Ils contiennent par contre des peptides et des nucléotides qui sont respectivement des facteurs de croissance actifs à petites doses et des porteurs du code génétique.

L’histoire de la progression de l’organothérapie n’est pas linéaire. Après une relative popularité jusqu’à la première moitié du XXe siècle, la pratique est tombée dans l’oubli. Puis  en 1980, des recherches sur le thymus ont permis de redécouvrir son rôle capital dans la régulation du système immunitaire, on a pensé en utiliser des extraits pour agir sur ce système complexe. On croit que les peptides qu’on y retrouve (notamment la thymosine et la thymostimuline) pourraient avoir des effets immunomodulatoires, c’est-à-dire qu’ils pourraient stimuler ou freiner les réactions immunitaires, selon qu’elles sont trop faibles ou trop fortes. Alors l’organothérapie redevient populaire. Cependant, les craintes liées à la propagation possible de la maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine) par la consommation de produits à base de glandes d’animaux d’élevage ont contribué à refroidir l’intérêt pour ce type de produits au cours des années 1990.

Ces temps-ci, l’utilisation des extraits glandulaires appartient au domaine de la naturopathie et également dans des préparations homéopathiques à base d’extraits glandulaires. En revanche, on ne saurait dire s’il existe des essais cliniques dont les résultats permettraient de confirmer ou d’infirmer l’efficacité de telles préparations.