Faut-il faire confiance au soja ?

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Le soja a longtemps eu cette image d’aliment bénéfique pour la santé mais, désormais, le soja divise. Ses partisans et ses détracteurs alimentent un débat complexe et parfois motivé par des conflits d’intérêts financiers. Que sait-on vraiment de cette plante ? Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Peut-il être dangereux pour la santé ?

Le soja et le cancer

Les isoflavones qu’il contient peuvent mimer les effets des hormones fabriquées naturellement par le corps. Or, les hormones peuvent parfois agir comme des facteurs de croissance, et sont donc susceptibles de favoriser la multiplication de cellules cancéreuses.

De manière globale, on peut avancer que le soja réduit légèrement les risques de cancer. Les facteurs de risque d’un cancer sont nombreux et son apparition est souvent le résultat d’une synergie entre de multiples effets, accumulés pendant un temps très long. Il faut prendre avec réserve toute étude portant sur des liens directs entre le cancer et cette légumineuse.

soja pour une vie saine

Protège-t-il vraiment le coeur ?

L’intérêt du soja dans l’athérosclérose est dû aux phyto-œstrogènes naturellement sécrétées par l’organisme et auxquelles on attribue un rôle protecteur. Cette protection semble disparaître progressivement chez la femme dans les années suivant la ménopause. Il pourrait bel et bien protéger des maladies cardiovasculaires, notamment grâce aux propriétés antioxydantes des phyto-oestrogènes, mais aussi en améliorant la vaso-tonicité des vaisseaux. Ses protéines pourraient réduire modestement les taux de cholestérol total et de cholestérol LDL.

La controverse chez les femmes ménopausées

Il semble que les isoflavones contenues dans le soja aient tendance à réduire modestement la fréquence et la sévérité des bouffées de chaleurs des femmes ménopausées. Leurs effets influenceraient le cycle menstruel en le prolongeant ; c’est peut-être la raison pour laquelle ce cycle est en moyenne plus long chez les femmes vivant en Chine ou au Japon.

Soja et nourrissons, quels risques ?

Selon plusieurs chercheurs, les nourrissons ne seraient pas ou peu concernés par les effets des phyto-oestrogènes, du fait d’une flore intestinale encore inapte à les métaboliser. De plus, l’activité oestrogénique des isoflavones et de leurs métabolites est largement inférieure à celle des oestrogènes endogènes, et le temps de transit des enfants est moins long, ce qui réduit encore l’absorption de ces composés.

Soja et écologie

Cette plante est utilisée comme moulée animale, substitut de la viande et dans de multiples applications industrielles. On assiste à l’érosion de la biodiversité des espèces de soja cultivées. En consommer fait-il de nous des complices d’une dégradation de l’environnement ? Il existe plusieurs solutions qui pourraient contribuer à enrayer ce phénomène. Il faut éviter autant que possible les produits transformés souvent riches en soja, choisir de préférence des produits issus de l’agriculture biologique, consommer moins de viandes, qui sont essentiellement nourris au soja et, varier ses sources de légumineuses.