jeudi 29 juin 2017
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Le complexe d’infériorité : pourquoi, comment ?

« Je suis inutile et nulle par rapport aux autres ». Voilà une phrase type que l’on peut entendre chez une personne souffrant d’un complexe d’infériorité. Ses échecs et ses complexes prennent toute la place et la comparaison avec autrui est sytématique. Explications.

Lorsque l’on parle de complexe d’infériorité, on ne fait pas référence à la simple jalousie passagère. Ce sentiment de se sentir perpétuellement moins bien, moins beau, moins intelligent rend la vie infernale. On peut s’en sortir.

complexe d'infériorité

De quoi parle-t-on exactement ?

Le professeur autrichien Alfred Adler a mis le premier des mots sur ce mal-être. Pour le fondateur de la psychologie individuelle, le sentiment d’infériorité trouve son origine dans l’enfance. En effet, un bébé est tellement dépendant des adultes et de ses parents en particulier, que ce sentiment est naturel. Le problème survient quand on ne parvient pas à dépasser ce stade. Ce sont souvent les parents qui ont mis la barre trop haute, qui ont donné des défis trop difficiles à atteindre par l’enfant ou, au contraire, qui l’ont dévalorisé. La personne dénigre alors ses qualités et est obnubilée par ses faiblesses et ses défauts.

Un complexe ou des complexes ?

Dans le Manuel de psychiatrie, J.M Sutter définit de son côté ce sentiment comme « l’impression pénible d’être inférieur à la normale, ou a un désir idéal désiré, soit dans un secteur déterminé, soit dans tous les domaines ». Les personnes sont souvent victimes de pressions qu’elles se mettent elles-mêmes pour atteindre un objectif. Ceci ne fait que renforcer ce déséquilibre et leur croyance. Car il s’agit parfois de véritables lacunes, de manques (cultures, aisance sociale), mais aussi d’idées fausses, notamment sur tout ce qui touche l’aspect physique. On peut souffrir d’un aspect de sa personnalité, ou de son être de manière globale.

Comment se traduit ce sentiment au quotidien?

Dans la vie de tous les jours, les personnes qui souffrent profondément de ce complexe se sentent sans cesse moins bien, moins intelligents, moins beaux, moins forts ou encore moins cultivés que les autres qui sont, eux, surestimés en tout. On se trouve dans une vision très négative de soi. Cela entraîne un manque total d’assurance, de confiance en soi, une dévalorisation systématique et parfois un retrait de la vie de groupe. Si l’on se sent incapable de prendre la parole en public par peur de bafouiller, de rougir et d’être jugé, on s’interdira catégoriquement ce genre d’exercice. Le manque de confiance empêche toute prise de risques dans la vie professionnelle, sociale ou amoureuse.

Peut-on s’en sortir ?

Avant même de penser à consulter, il faut procéder de manière très scolaire. Établissez une liste de vos forces et de nos faiblesses. Il est normal d’avoir des défauts car personne n’est parfait, il faut en être convaincu. Mais n’oubliez pas de voir et de reconnaître les traits positifs qui vous caractérisent : vous êtes doux, joviale, énergique, entrepreneur, drôle, minutieux etc. Cessez de vous dévaloriser, vous passez à côté du meilleur de votre personnalité et donc de votre personne. Et au lieu de vous comparer avec votre entourage, reconnaissez leurs points forts, mais n’oubliez pas qu’ils ont aussi leurs faiblesses. Ne les surévaluez pas. Et surtout, sachez rire de vos défauts !